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Mirage de Douglas Kennedy

mirage_douglas_kennedyRobyn le sait, son mari Paul est loin d’être parfait. Artiste fantasque, insouciant, dépensier, ce jouisseur invétéré a du mal avec les limites du quotidien. Le couple s’aime encore mais la crise couve. Sans compter la question des enfants. Robyn en veut un, Paul est d’accord. Mais le temps presse, et rien ne se passe… Pourquoi pas un voyage au Maroc ? Changer d’air, prendre le temps de vivre, se redécouvrir, et faire enfin ce bébé qui leur manque tant. Sur place, la magie opère : Paul se remet à peindre et Robyn à espérer. C’est alors qu’une nouvelle tombe, un secret révélé, si lourd, si explosif qu’il dévaste tout. Et Paul disparaît. Folle de douleur, terrifiée à l’idée de perdre celui qu’elle ne peut s’empêcher d’aimer, Robyn va se lancer à sa recherche. Une quête qui la conduira au bout d’elle-même…


La Critique de l’Ogre : 5/10

Un nouveau roman de Douglas Kennedy – tout nouvellement sorti en édition poche – son douzième, pour un voyage en plein cœur du Maroc. Une femme à la recherche d’un mari égaré aussi bien physiquement que spirituellement, un paysage sublime… Une promesse de passer un bon moment qui se trouve rapidement être réduite à néant.

Comme à son habitude, Douglas Kennedy propose une écriture intelligente, fluide, qui mêle habillement descriptions et introspections. Le début commence de manière directe avec quelques retours dans le passé pour nous exposer la situation amoureuse de Robyn, l’héroïne : ses amours, ses démons, ses goûts, sa vie et aussi et surtout, sa relation avec Paul. Durant le premier quart du livre, on oscille entre ces deux temporalités jusqu’au basculement de l’histoire. Le fameux secret si lourd, si explosif – ce qu’il est, en ça, le livre n’est pas du tout sur-vendu. À partir de cet instant, Paul disparaît et Robyn se lance sur ses traces.

Et là, ça se gâte, et sévèrement. Dès le début de sa quête, le chemin de Robyn est tout tracé. Elle se trouve au Maroc, elle récupère deux adresses dans ce même pays, inscrites dans les carnets de Paul, et sait exactement où elle va, hélas tout comme le lecteur. Sans rebondissement ou événement ravivant notre intérêt, elle se dirige vers ses cibles et met un temps infini pour s’y rendre. Certes, c’est l’occasion pour l’auteur de décrire le Maroc et ses habitants, mais que cela est long… L’histoire n’est qu’un enchaînement de pages vers un dénouement prévisible, où il ne passe pour ainsi dire rien.

Les quelques moments importants où de vraies révélations ou rebondissements arrivent sont parachutées, sans aucun suspense. Du coup, le regain d’intérêt est faible, d’autant plus que l’on retombe très vite dans les travers de ce livre, à savoir, les voyages en taxi au milieu du Maroc entre des destinations connues, d’une longueur folle. Pour mettre un peu de tension, on transforme l’héroïne en fugitive et on ajoute quelques contrôles de police inopinés afin de faire monter la pression, tout en sachant qu’elle les passera avec succès, sinon, l’histoire s’arrête. Pour finir, le dénouement se révèle au final, lui-même, peu intéressant.

En plus de la prévisibilité des événements, l’histoire manque terriblement de profondeur. Les personnages sont un peu vides, on sent que Douglas Kennedy a ajouté quelques pages pour faire le job et en décrire l’essence, mais ça s’arrête là. On peine à saisir le vrai caractère de l’héroïne, et c’est sans parler des personnages secondaires – qui sont d’une vacuité abyssale – et des clichés véhiculés sur les occidentaux et les Marocains. Il y a bien des thématiques intéressantes de traitées comme l’amour, le fait d’être en fin de la trentaine toujours sans enfant, la trahison… Mais ce sont des thèmes classiques que Douglas Kennedy a déjà longuement abordés dans ses livres et qui sont traités ici avec bien trop de superficialité.

Une histoire longue, prévisible, avec un début punchy mais qui perd en intérêt au fur et à mesure des pages. Je vous conseille de passer votre chemin.

One thought on “Mirage de Douglas Kennedy

  1. Bien d’accord que ce roman est une imposture et un tissu d’irréalisme dont on s’évade au bout de 150 pages, lassé de ces pseudos aventures qui n’ont ni queue ni tête. TRES décevant de la part de DK qui m’avait habitué à mieux. Sa trilogie sera peut être bien son dernier acte d’écrivain, la suite, une litanie de désinvolture commerciale. J’aimerais bien comprendre le pourquoi de cette source littéraire qui s’épuise. Les pressions de l’éditeur, la soif d’argent facile, la peur de ne plus savoir écrire. Si quelqu’un peut me permettre de prendre contact avec lui : pbrigand@netc.eu

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