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La Horde du Contrevent d’Alain Delmasio

La-Horde-du-ContreventUn groupe d’élite, formé dès l’enfance à faire face, part des confins d’une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l’origine du vent.
Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d’un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou.


La Critique de l’Ogre : 7/10

La Horde du Contrevent est une expérience de lecture particulière et unique. Un livre à l’univers profond et complexe, une histoire d’une grande inventivité qui envoie le lecteur dans un monde fabriqué de toute pièce avec beaucoup de savoir-faire et d’idées. Le travail abattu par Alain Delmasio est colossal, tant sur l’univers créé que sur le fond, à savoir l’écriture et sa narration à plus de quinze personnages. Un roman reconnu et récompensé mais difficile d’accès, qui invite le lecteur à une longue plongée dans la Bande de Contre.

Les premières pages donnent immédiatement le ton du roman. Une narration à de nombreux personnages, chacun identifié par son symbole et son phrasé particulier – celui de Golgoth est notamment très réussi – qui décrit sans attendre le pourquoi de cette Horde – la 34ème – : contrer le vent et sa puissance, pour rejoindre l’Extrême-Amont, lieu de sa naissance, et comprendre son origine et le monde sur lequel ces hommes et femmes vivent.
Une longue introduction de plusieurs dizaines de pages qui peut décourager. Car on rentre de plein pied dans l’une des grosses difficultés de ce livre : les néologismes. Ils sont partout : des mots, inventés de toute pièce, souvent dérivés des nôtres, mais adaptés à la Bande de Contre. Des expressions pour décrire, comme si le lecteur avait déjà la parfaite connaissance de tout l’univers.
L’entrée en matière est compliquée. Souvent, on comprend difficilement de quoi il retourne, ce qu’Alain Delmasio nous raconte, parfois même, à en perdre le fil de l’histoire. Une mise en bouche éprouvante pouvant en décourager plus d’un.

Il faut s’acharner, continuer, pousser la lecture, pour atteindre finalement une petite première moitié et enfin entrer dans l’univers et prendre pleinement la mesure de cette oeuvre. Les personnages ont chacun leur complexité et leurs motivations pour réussir cette quête de l’Extrême-Amont. Les liens se créent, se brisent, se reconstruisent. Il y a une vraie histoire qui se construit au fil des pages, tout comme un univers : les chrones, le vif, le vent, les peuples, les anciennes hordes. Tout s’assemble lentement pour donner un livre de grande ampleur qui finit par nous subjuguer. Et le monde fabriqué est fou, grandiloquent, bourré d’idées qui donnent corps à tout ce gigantesque travail d’auteur. 

Au delà des enjeux, du contre du vent, des personnages, un autre atout de ce livre est sa construction autour de grandes scènes, d’étapes majeures. Il y a des parties de plusieurs dizaines de pages qui donnent une lecture presque « temps réel » : la première scène de contre, les Fréoles, la traversée de la Flaque, les défis de Caracole… Et chacune peut-être lue presque indépendamment de l’histoire générale. Et Alain Delmasio joue avec pour proposer comme des pauses, sur lesquelles se focaliser le temps d’arriver au bout, à l’Extrême-Amont. Pour moi, les défis de Caracole pendant le troisième quart de l’histoire ont été un très bon moment et témoignent parfaitement de tout le travail réalisé par Alain Delmasio.

Un livre de Fantaisie grand, imposant, bourré d’idées et à la narration terriblement bien construite. Il reste que la difficulté de lecture, liée notamment à la présence de néologismes un peu trop récurrents, sera susceptible d’en décourager plus d’un.

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