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Player One d’Ernest Cline

2044. La Terre n’est pas belle à voir. Comme la majeure partie de l’humanité, Wade Watts passe son temps dans l’Oasis, un monde virtuel où chacun peut faire et être tout ce qui lui chante. Pour oublier la misère dans laquelle il vit. Il rêve secrètement d’être celui qui décrochera le ticket gagnant de la grande loterie…
James Halliday, le créateur de l’Oasis, est mort quelques années auparavant sans laisser de successeur. Pour décider du sort de sa fortune, il a créé une véritable chausse au trésor. Battre des records à Pac-Man, réciter par coeur des parles de Devo, ou trouver les failles des jeux vidéo cultes : voilà l’unique moyen d’accéder à son héritage colossal. Des centaines de personnes ont essayé, en vain. Joueurs invétérés ou grand organismes mondiaux corrompus, tous s’y sont cassé les dents. Wade se dit qu’il serait peut-être capable de relever le défi. Et il résout la première énigme.

 

La Critique de l’Ogre : 5/10

Après avoir vu cette couverture et avoir lu le pitch de ce livre, je ne vous cache pas avoir eu légèrement peur. Un livre de Geek (de G33k !), un vrai, un pur, un dur… Pourtant, je me considère comme faisant partie de cette tribue, ayant baigné des la plus tendre enfance dans la culture des débuts du jeu vidéo, de Sonic et Mario, des grands classiques tels que Star Wars ou Retour Vers le Futur… Bref, avec ce livre dans les mains, j’étais en terrain conquis. Mais oui, j’ai eu peur… Peur que son simple intérêt ne réside dans des références à cette culture g33k, jouant sur ce concept pour attirer les lecteurs mais oubliant tout de ce qui compose un vrai bon bouquin… Car, oui, un livre est basé sur une idée, certes, mais pas que, aussi séduisante soit-elle. Mais bon, la librairie (g33k elle aussi ! Il y aurait-il conflit d’intérêt ?) m’avait chaudement recommandé sa lecture, donc je me lance.

Fuyez ! Player One est un ramassis de références à la culture g33K des années 80 et 90, poussant le principe jusqu’à l’overdose. Certaines scènes (voir tout le livre) ne sont que des enchaînements de ces fameuses références, amenées sans aucune subtilité et avec une lourdeur (et un nombre!) incroyable. Comme bien souvent, un bel exemple vaut mieux qu’un long discours. Voici donc deux extraits choisis permettant d’apprécier toute la finesse dont fait preuve l’auteur au cours des pages : « J’ai fait une entrée remarquée dans la DeLorean volante que j’avais obtenue en accomplissant la quête de Retour Vers le Futur sur la planète  Zemeckis. […] J’avais installé sur le tableau de bord un ordinateur embarqué à l’intelligence artificielle du nom de KITT […] ainsi qu’un scanner rouge assorti, tiré de K2000 […] collé un autocollant de SOS Fantômes sur chacune des portières papillons et enfin des plaques personnalisées immatriculées ECTO-88. » le tout en un seul paragraphe, ou encore : « En arrivant au bar, j’ai commandé un Gargle Blaster pan-galactique à la barmaid klingonne, et j’ai aussitôt vidé la moitié de mon verre. J’ai souri quand j’ai entendu R2-D2 qui enchaînait sur un autre classique des années 80.
– Union of the Snake, ai-je récité par habitude. Duran Duran, 1983. »

Ce Harry Potter cybernétique (les héros sont des adolescents allant à l’école virtuelle, disposant de pouvoirs magiques via leur avatar dans le cyber-monde, tout en tentant de résoudre des énigmes… impossible de ne pas penser au jeune sorcier)  se pare, de plus, d’énigmes censées avoir étaient concoctées par un génie (le créateur de l’OASIS, ce monde virtuel servant de terrain de jeu aux héros) mais se révélant d’un non intérêt total comme [ATTENTION SPOILER] faire le plus grand score à un jeu vidéo ou encore réciter par cœur les répliques d’un film. Elles ne se suivent qu’avec peu d’intérêt et c’est bien normal : allez décrire une partie de Pac-Man dans un livre ! D’autant plus que ces moments « forts » du livre ne sont accompagnés d’aucun vrai suspense et n’arrivent pas à capter l’attention du lecteur.

Il est indéniable que l’auteur possède un cerveau foisonnant d’idées et certaines peuvent se révéler très intéressantes, notamment dans le monde (la Terre des années 2044) qu’il décrit. Mais l’histoire est, en plus d’être entachée de références trop nombreuses et trop peu subtiles, d’une narration très lourde : trop de descriptions et sur des détails sans intérêt. L’auteur détaille en effet la moindre action de son héros, là encore sans aucune subtilité ou nuance mais plutôt de manière purement factuelle, conférant ainsi au lecteur une impression gênante de manque de rythme tout au long de l’histoire.

Ami non g33k, passe ton chemin… Ami g33k, te voilà prévenu…

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